Les SUV compacts sont surestimés pour un usage strictement urbain

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SUV compact garé en ville, illustrant leur surestimation pour un usage urbain strictement limité

Mon SUV compact a reculé d’un mètre, le volant encore tiède sous la paume, quand un cycliste a glissé dans le reflet du parking Saint-Antoine. Je l’ai vu trop tard, caché par le montant arrière épais. J’avais cru que la position haute me donnerait une vue plus large. J’ai été convaincu du contraire en dix secondes. Reste à voir dans quels cas ce choix tient la route, et dans quels cas il coince.

Pourquoi j’ai cru au mythe du suv compact en ville (et comment j’ai vite déchanté)

Je roulais en ville avec mes deux ados, les sacs qui traînent, les arrêts au feu, et l’idée qu’un SUV compact me simplifierait la vie. En tant qu’ancien mécanicien, j’ai regardé la position de conduite, l’accès à bord et la garde au sol avant le badge. J’étais sûr de moi.

J’avais hésité avec une compacte classique, une citadine haute et un monospace compact. Le SUV me semblait plus facile pour monter, descendre, poser un sac, et passer un ralentisseur sans frotter. Je me suis retrouvé à comparer surtout le quotidien, pas la fiche de vente.

Le premier doute est venu au parking souterrain de la place Bellecour, un soir de pluie. J’ai dû reprendre le créneau trois fois, parce que la largeur avec les rétros ne pardonnait rien. Le rayon de braquage était moins flatteur que sur ma vieille compacte, et ça m’a vite agacé.

Je suis rentré chez moi avec l’impression d’avoir acheté une voiture plus haute, pas plus souple. La position donne une vue un peu meilleure dans le flot, oui, mais en ville le gabarit et les angles restent là. Mon travail d’ancien mécanicien m’a appris à regarder ce genre de détail avant de croire au reste.

Le jour où j’ai compris que la position haute ne fait pas tout pour voir en ville

Le jour du vélo, je sortais en marche arrière d’une place étroite, la vitre déjà chargée de reflets. Un cycliste a traversé derrière moi, pile dans le montant arrière, et je n’ai aperçu que sa roue une fraction de seconde avant de freiner. Le pied a tapé plus fort que prévu sur la pédale, mon dos s’est raidi, et j’ai eu ce petit froid sec qui colle au ventre.

Le problème ne vient pas de la hauteur, mais du dessin. Sur beaucoup de SUV compacts, le montant arrière est large, le vitrage latéral se réduit, et la lunette arrière devient une meurtrière. Une compacte classique voit mieux sur les côtés, parce que la caisse est moins massive derrière les épaules.

J’ai entendu la même chose chez deux voisins du parking et chez un ami qui roule en Peugeot 3008. L’un a frotté un vélomoteur en sortant du box, l’autre a manqué un motard au virage. Le point commun, ce n’est pas le modèle, c’est le champ de vision qui se ferme exactement là où passent vélos et piétons.

J’ai fini par comprendre que la position haute rassure plus qu’elle ne résout. Je suis parti avec l’idée de gagner en calme, et j’ai gagné une vue un peu plus lointaine, avec une zone morte plus pénible. Dans une rue dense, je préfère encore une caisse plus basse avec des vitrages simples qu’un poste de conduite haut qui masque le bord.

Ce qui m’a aussi déçu dans le confort et la maniabilité en ville

En ville, le confort m’a aussi rappelé que le style prend sa revanche. Avec des jantes de 18 pouces, la direction devient plus lourde à basse vitesse, les dos-d’âne remontent sec dans le siège, et le bruit de roulement remplit l’habitacle dès 40 km/h. J’ai été frappé par ce petit vacarme de pneus, plus net que sur ma compacte d’avant.

Le fond du problème, c’est la masse à vide et les pneus à flanc bas. Quand le trafic avance par saccades, chaque redémarrage se paie, et la caisse donne une sensation de lourdeur qui fatigue les bras. Le rayon de braquage plus grand que celui d’une berline ou d’une petite compacte ne pardonne pas dans les demi-tours serrés.

J’ai aussi tapé une bordure en me garant près de l’école, un mardi soir, et j’ai senti une petite vibration dans la roue avant après le choc. Rien de cassé sur le coup, mais le pneu large n’aime pas ce genre de contact. Le jour où je l’ai vu au lavage, j’ai compris que le style coûtait plus que prévu, surtout quand un pneu commence déjà à afficher 120 euros pièce.

Le diesel m’a donné le coup de grâce en usage urbain. Sur mes trajets courts, la régénération du FAP se lançait au mauvais moment, puis le ventilateur continuait après coupure moteur, comme si la voiture refusait de finir sa phrase. Le plein ne dépassait pas 400 km en ville, et par moments 500 quand j’avais roulé un peu plus vite, alors je n’ai plus cherché à me raconter d’histoire.

Si tu es comme moi, voilà ce que je te conseille (et à qui je déconseille vraiment le suv compact)

Pour la ville pure, je déconseille le SUV compact à ceux qui se garent en sous-sol, qui passent leurs journées dans les rues étroites ou qui chargent un siège enfant trois fois par semaine. Une compacte classique me paraît plus juste, avec moins de largeur à gérer, une meilleure vue de trois quarts arrière et moins de casse sur les pneus. Le SUV garde un intérêt, mais pas pour les mêmes usages.

  • compacte classique – plus simple à garer, moins lourde, visibilité latérale meilleure
  • citadine haute – plus facile pour monter et descendre, rayon de braquage plus court
  • monospace compact – coffre plus bas, seuil moins pénible, pratique avec enfants

Le SUV compact garde du sens si je fais de la route, si je prends des rampes raides, ou si je roule sur des accès de parking qui raclent. Là, la garde au sol et la position haute me servent vraiment. Pour ce type d’usage, je peux vivre avec le gabarit.

Mes deux corrections auraient été simples: garder des jantes plus petites, et choisir essence ou hybride pour un usage urbain. J’ai vu trop de diesels se fatiguer sur des trajets de ville et trop de pneus chers pour un bénéfice que je ne sentais pas. La caméra 360 aide, les rétros bien réglés aussi, mais ça ne remplace pas un choix de base plus juste.

Ce que j’en dis, et à qui

POUR QUI OUI: il ira bien à le conducteur qui fait 40 km d’autoroute par jour, qui prend un couple de grands adultes à l’arrière, ou qui grimpe un accès de parking raide deux fois par semaine. Je le trouve cohérent pour quelqu’un qui accepte un gabarit plus large en échange d’une assise haute, d’un coffre un peu plus facile à charger et d’un moteur essence ou hybride. Je le vois aussi pour celui qui a déjà une caméra de recul propre et qui roulera rarement dans des rues serrées comme la rue de la République un samedi.

POUR QUI NON: à oublier pour la famille qui enchaîne les trajets courts, qui se gare en sous-sol, ou qui garde un diesel pour aller chercher le pain et l’école. Je le trouve aussi mal fichu pour celui qui passe ses journées dans les créneaux, parce que le montant arrière épais et les rétros larges fatiguent vite. Si tu veux une voiture qui ne t’agace pas à chaque retour de course, je préfère encore une compacte bien choisie.

Mon verdict : à Lyon, sur mes trajets de semaine, le SUV compact ne m’a pas rendu la ville plus simple. Je le choisis seulement pour quelqu’un qui accepte de perdre un peu de confort et de visibilité contre une assise haute, une garde au sol utile et une vraie aisance sur route. Pour ma part, quand je repense au créneau de la rue de la République et au vélo masqué par le montant arrière, je reviens sans hésiter vers une compacte classique ou un modèle hybride plus bas.

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